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Un courrier du collectif « Les Gones pour Gerland » aux conseillers du Grand Lyon

le Lun 12 Déc - 13:51
Objet : Politiques sportives, développement durable et grand stade de Lyon
Madame, Monsieur,
Vous allez vous exprimer sur la révision N°1 du PLU de Décines et peut-être ainsi ouvrir la voie à la possible réalisation du projet OL Land.
Ce projet, comme nous l’avons décrit (Cf. dossier « Grand stade de Lyon – Gerland – Décines, histoire d’un projet contre nature »), ne relève pas, comme on voudrait nous le faire croire, d’une démarche structurée, cohérente d’aménagement d’une zone à urbaniser, en phase avec les politiques de
développement durable et du plan climat du grand-Lyon. Elle résulte plus d’une suite de coups de bluff, de tromperies, de mensonges et d’opportunités saisies et imposées par deux hommes, l’un politique Gérard COLLOMB, l’autre un affairiste Jean-Michel AULAS.
Les turpitudes et les vicissitudes que ce projet a connues et qu’il rencontrera encore en témoignent. Nous voulons donc attirer à nouveau votre attention sur le manque de cohérence entre ce projet et les politiques des plans climat, le Grenelle de l’environnement et les actions d’urgences dont ont besoin et qu’attendent nos compatriotes en matière de logement, de santé, d’éducation… et en dernier lieu, envers l’indécence de l’engagement financier des collectivités publiques au profit d’un homme d’affaire (qui comptait l’année dernière parmi les 500 premières fortunes de France) et de sportifs rémunérés jusqu’à 100.000€ la semaine (soit 72 SMIC mensuel en une semaine).
En cette période de crises, nous en appelons à la raison, à la force de vos convictions et à votre positionnement envers les politiques publiques : du sport pour tous, d’aménagement du territoire, de développement durable et, sur l’incongruité du projet OL Land à Décines en regard de ses effets sur :
- L’environnement des territoires concernés,
- les conséquences en matière de santé publique,
- la ponction financière inadmissible sur les collectivités et les contribuables, pour un projet privé,
- le discrédit de la classe politique.
Les conséquences de ce projet sur les décisions du Grenelle de l’environnement et du plan climat du Grand-Lyon sont en effet stupéfiantes : à peine écrit, l’encre séchée que l’on déroge à leurs principes avec des décisions contraires à leur esprit et à leur lettre ! Les impacts environnementaux des équipements et des infrastructures routières concernés sont en effet majeurs sur 150ha de terres agricoles classées en milieu naturel sensible, à proximité de quartiers entiers d’habitat pavillonnaire qui seraient remodelés et dont leurs habitants verraient leur cadre de vie transformé ; Sans compter les effets sur la santé des populations pour lesquelles la qualité de l’air de l’agglomération est d’ores et
déjà particulièrement durablement mauvaise (Cf. Air Rhône-Alpes http://www.atmo-rhonealpes.org l’épisode de pollution de ces dernières semaines).

Bien que la directive 2008/50/CE relative à la qualité de l'air ambiant impose aux États membres de la CE de limiter l'exposition de la population aux microparticules PM10, notre bonne ville de Lyon a réussi l’exploit de largement dépasser (devant Paris) les seuils de pollution autorisés. Ce qui nous vaut d’être dans le « top ten » des 10 villes françaises les plus polluées, au point que la France fait l'objet d'une
procédure d'infraction au niveau européen pour les dépassements des valeurs limites des PM10.
Pourtant l’Affset indique dans son dernier rapport que : « La qualité de l'air est un enjeu de santé
publique : la pollution de l'air diminue l'espérance de vie de 9 mois pour chaque Français et l'exposition aux particules fines causerait 40.000 décès chaque année».
Paradoxalement, le projet de l’OL Land resterait essentiellement accessible par la route (comme le relèvent les commissaires enquêteurs) et apporterait son lot de pollution supplémentaire (6.000 tonnes de CO²/an, toujours selon les commissaires enquêteurs). Malgré cela, il bénéficierait de financements publics à hauteur de plus de 300 millions d’Euros (minimum), de l’Etat et des collectivités du Grand Lyon, du Conseil Général, et du Sytral, sans qu’aucune garantie de sa conformité au projet initial et des compensations envisagées ne soit donnée. Quels choix imposeront les nouveaux actionnaires privés de la Foncière du Montout, alors que pour raisons d’économies ils envisageraient de supprimer l’équipement de panneaux photovoltaïques qui le rendait, selon son promoteur, « Grenello compatible »?
« Subventionner des installations pour renforcer une identité locale, favoriser une certaine forme de mixité sociale ou encourager la pratique sportive peut se défendre. Mais dire qu'un club professionnel a un effet de levier sur le développement économique d'un territoire relève de la fourberie. La progression du chiffre d'affaires sert essentiellement à augmenter les salaires des joueurs. Et l'argent dépensé pour et au stade l'aurait été ailleurs en l'absence de ce projet ou de spectacle sportif. Il ne s’agit en fait que d’un transfert. »
L’accompagnement des collectivités locales sur ce type de dépenses se traduit par des arbitrages au détriment des usagers et par une augmentation importante des engagements financiers des collectivités. Or depuis 2004, la cour des comptes, a relevé une augmentation de 41% de l’endettement des collectivités françaises !
Malgré cela, la contribution à l’augmentation du PIB est toujours aussi ridicule, en France, sur une période de 10 ans, 1 € de dette nouvelle contractée n’a créé que 0,54 € de valeur ajoutée à notre économie. Les dettes continuent à augmenter dans nos pays « ex-industrialisés » sans jamais permettre à nos économies de sortir de la crise. Ce sont là les conséquences de mauvais choix d’investissements
dans ce type d’industrie trop aléatoire et sujette à variation comme le tourisme et le divertissement.
Dans ce projet de stade, on retrouve bien toutes les incohérences de modèles économiques inefficaces et obsolètes. Leurs promoteurs entretiennent depuis 5 ans l’illusion d’une « locomotive » économique pour toute l’agglomération lyonnaise, sans jamais avoir révélé leur « business plan ».
La manne promise et temporaire de ce chantier «s’évaporera» très rapidement, montrant le vide qui se creuse de plus en plus entre les besoins réels de notre économie (éducation, formation professionnelle et technique, R&D, high tech, développement industriel éco-responsable, emplois qualifiés et durables…) et les réponses inadaptées aux défis de demain.
Dans un contexte d’argent bon marché, nos économies en panne de réelle croissance ont suscité de véritables bulles financières (la bulle internet des années 1990/2000, la bulle immobilière, à l’origine de la crise des subprimes aux US, puis la crise financière à partir de 2008). Elle se mute actuellement en
une crise de la dette souveraine et menace l’ensemble de la sphère financière pour atteindre demain les entreprises et le financement de l’économie réelle. La bulle immobilière espagnole qui a donné l’illusion de la croissance et du plein emploi fait découvrir avec stupeur que l’Espagne a… 20% de chômeurs !

Enfin, la foot-bulle n’échappe pas à la règle, avec des clubs européens surendettés (20 clubs totalisent près de 3 milliards de dettes), des salaires astronomiques, des transferts records pour des recettes aléatoires dans des stades de plus en plus vides (pour remplir Gerland, l’OL bradait les places à 10€
pour la rencontre OL/Toulouse du 5-12).
La fin ne justifie pas les moyens, surtout quand nos gouvernants s’apprêtent en cette période de disette financière à créer ou à accentuer des injustices insupportables et inadmissibles.
Nos ressources financières et humaines n’étant pas illimitées, n’hypothéquons pas notre avenir et celui de nos enfants, priorisons les projets les plus efficients pour nos économies.
Ce projet OL Land à Décines n’est pas bon. « Il faut savoir retirer un dossier quand il n’est pas bon et le reprendre à la base » a déclaré Martine AUBRY le 14 octobre 2010 sur France2. C’est exactement ce que nous vous demandons pendant qu’il est encore temps de prendre les bonnes décisions.
Alors que la France traverse comme beaucoup d’autres pays une période de crises dans un contexte de mondialisation de l’économie particulièrement dur et complexe, personne ne peut dire quand et comment nous en sortirons. Poursuivre dans cette voie de la socialisation des coûts et de la privatisation des bénéfices relèverait d’une faute politique inacceptable.
Dans ce contexte difficile et angoissant pour les plus démunis et pour la jeunesse il est temps de fixer un cap et de donner consistance à ce que d’aucun appel une République « irréprochable », « exemplaire », « solidaire »… pour renouer la confiance entre nos concitoyens et la politique.
L’aménagement du site de Gerland présente l’avantage de couter moins cher aux collectivités et à l’OL Groupe, de libérer des ressources financières pour l’investissement dans des actions d’intérêt général et sociales (création de crèches, rénovation de salles de classes, construction de logements sociaux ou étudiants, ou encore d’établissements de santé). Ces choix là seraient beaucoup plus bénéfiques à l’image de Lyon, à la santé financière des collectivités, à l’ensemble des Grand-Lyonnais, à l’emploi durable et même à la situation financière de l’OL Groupe qui n’a pas les moyens financiers de ses ambitions et doit faire appel à de nouveaux investisseurs (Vinci, « le Qatar »…, après l’appel aux fonds publics lors de son entrée en bourse et la souscription d’obligations « Océane »…).
La mise à disposition du stade dans le cadre d'un bail emphytéotique de longue durée qui permet au club d'aménager l'enceinte à ses frais et à sa guise est l'option la plus satisfaisante. Préconisée par Philippe Séguin, l'ancien président de la Cour des comptes, elle n'est pourtant pratiquement jamais retenue. Rien n’est jamais irrémédiable, certains élus ont su renoncer aux sirènes du foot business à l’image des élus de Nantes qui ont préféré consacrer les 100 millions d'euros qu'on leur demandait à d'autres opérations ou encore ceux de Nancy. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.
Nous tenons donc à vous redire que ce n’est pas sur le principe du développement économique du club de l’OL que plus d’une trentaine d’associations lyonnaises citoyennes, et de nombreux élus locaux de toutes tendances politiques (PS, EELV, PCF, PG, Modem, UMP…), s’opposent depuis 3 ans, à ce projet contre nature, mais, qu’au-delà de l'ineptie d'abonder en fonds publics au caractère indécent et anachronique du football professionnel, dont chacun craint l’explosion de la bulle financière auquel celui-ci participe, le projet de l’OL Land à Décines ne présente aucune des caractéristiques essentielles
au développement durable, à l’atteinte des objectifs du plan climat et à l’équité à laquelle aspire la population du Grand-Lyon.
Nous vous remercions par avance du temps que vous voudrez bien consacrer à notre requête et à la réflexion qui s’impose. Nous rendrons publiques les positions de chacun, que les citoyens et électeurs apprécieront à l’aune de leur perception du futur de notre agglomération et de la société qu’ils veulent construire.

Dans l’attente d’un choix raisonné et citoyen, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’assurance de notre respectueuse considération.
Les associations du collectif « Les Gones pour Gerland » (liste jointe)



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